EVELYNE WINOCQ DEBEIRE

19 janvier 2013

MIROIR DE L'ART

19571562_p    "Ah bien oui, elle n'a pas choisi la facilité, cette jeune artiste ! La matière, à ce point là, mais c'est carrément anti-commercial ! Il en faut du culot, à l'heure où bon nombre d'artistes se réfugient complaisamment dans une figuration tranquille et sans atours, la voici qui nous présente une oeuvre de pure peinture. Façon Eugène Leroy, sans doute, mais elle reste arrimée à sa boussole, elle ne se perd pas dans la tempête, elle ! Et il lui en faudra du cran pour tenir le cap, parce que cette peinture, c'est un peu l'ultime conquête de l'homo sapiens ! Plus en avant, il n'y a rien, ou alors l'abstraction, mais c'est du déjà vu... Elle flirte avec le précipice, Evelyne Debeire, pas évident quand on débute dans le métier. Allez, prenez un peu de recul, voyez cette lumière qui émerge, et ces touches puissantes qui donnent du corps à l'ensemble ; le paysage jaillit sans fioritures, une sorte de résurgence... Nous voici entre deux mondes, le visible et l'invisible, et la matière nous prend par la main pour éviter qu'on ne se perde pas entre les deux. Bravo."          Ludovic Duhamel

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ARTS-UP

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Dans l’œuvre d’Evelyne-Winocq Debeire la surface se dérobe de manière paradoxale et selon deux modalités. Surface des apparences et surface lisse de la toile sont annihilées par exaspération (séductrice) de la matière peinture elle-même. Le miroitant émerge du granuleux. L’épaisseur n’est donc pas refoulée – au contraire. Chaque toile désigne une zone liminale, un état tremblé qui recoupent l'encore et le déjà. La peinture enflamme, hérisse en des ressemblances qui n’en sont plus. Face à ce qui se dérobe demeurent les aspérités  de ce qui devient présence mais présence disloquée, déplacée, séparée.

On peut donc parler d'éclats, de textures. De coutures et de déchirures. Bref du lieu de la réparation et de la séparation. D'espaces aussi superbement abîmés. Des orages grondent dans les couleurs en fusion et effusion selon une technique qui fait le lien entre la tradition et la post-modernité. Tout est à la fois proche et  lointain. Des possibles comme des impossibles affleurent. Evelyne Winocq-Debeire crée les perspectives insondables où se cachent des blessures dont on ne saura rien. La surface  aussi irritée que miroitante  est capable d’explorer divers symptômes de la vie par les flots de matière torturée.

La peinture est bien plus qu’une simple image. Elle devient re-montrance. Elle jette le trouble par sa puissance, ses risques, ses équilibres subtils. Si bien que le regardeur se demande comment tant de possibles peuvent affleurer. Reprenant la picturalité où Eugène Leroy l’avait laissé l’artiste la pousse plus loin, dans le silence. Reste  un rayonnement qui efface les pensées de néant mais la paix n’est pas pour autant présente. Evelyne Winocq-Debeire réintroduit sinon à l’origine mais à l’enfance du monde. A savoir au désir d’exister mais avec gravité comme l’illustre par exemple sa crucifixion. Celle-ci ne pâlit pas face à celles qui l’ont précédé chez Rouault, Picasso, Bacon Dix, De Kooning, Guttuso, Sutherland ou Saura.

Dans les œuvres de l’artiste un secret demeure toujours caché. Il est présente à fleur peau, à fleur de chair. Mais demeure un seuil infranchissable si bien qu’il ne nous est pas donné de connaître l’énigme. Chaque toile ouvre des perspectives et des profondeurs insondables avec bon nombre de failles. Elles font de tout horizon une sorte de ventre ouvert par lequel « s’entend » l'inaudible en soi et dans le monde. Le lieu vénitien par exemple est traité loin de la légèreté coutumière qu’il a trop souvent inspirée.

Chaque toile dans sa densité de matière se nourrit aussi de ses interstices, de ses impasses. De solitude, d’abandon, de rencontre. De plaies et de plaisirs, de charges et de décharges. Il s’agit de défaire les plis du corps et du paysage par les strates de couleurs profondes, parfois sombres et parfois plus claires. Des formes impossibles s’épanouissent tels d’étranges soleils noirs. Il en va de la vie même au cœur d’un lyrisme grave et « matiériste ».

L’artiste crée des tensions rythmiques aussi expressionnistes qu’impressionnistes. Il s’agit donc d’une peinture existentielle à forte composante sensuelle. La forme et la couleur deviennent connaissance du plus intime qui implique de la part de l’artiste un engagement physique total.  Au monde instrumentalisé elle oppose un univers généreux, entier et profond d’un sang que renouvelle chaque fois l’acte de création. La couleur et la matière rendent à leur plénitude expressive les corps, les lieux  et leur parenté avec l’impensable.

Au sein d’architectures subtiles d’éléments plans, quasi volumétriques et chromatiques se constitue le lieu même où voir à lieu. C’est là le signe de la peinture majeure en tant qu’expérience rare et des limites. Le monde palpite dans ses profondeurs. La lumière se fonde sur une dialectique parfaite entre l’enfoui et le révélé. Le monde des formes claires et articulées se trouve aboli. Cela permet non une angoisse mais un effet de vérité phénoménologique. Si l’ombre se lève, elle ne peut plus envelopper. Des bords se déplacent et viennent nous atteindre par delà le réel comme l’étrangeté même.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

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18 janvier 2013

RADIO FRANCE

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L'interview de Cathy Kerzerho a été diffusée les mercredi 25 avril  et samedi 28 2012 sur Radio France Bleu Loire Océan (Nantes 101.8).

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NAJDA

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 NAJDA a présenté, le mercredi 13 janvier 2010 à 22h20, un reportage au sein de mon atelier. Sept rediffusions sont prévues : le jeudi 14, à 21h50 ; le vendredi 15, à 13h33 et 22h31 ; le samedi 16, à 13h et à 21h03 ; et enfin, le dimanche 17, à 11h25 et 21h51. L'émission est également visible sur internet : http://www.telenantes.com/-Najda-.html. Le reportage a été effectué par Ronan Lanon, que je remercie encore pour sa gentillesse et son professionnalisme.

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OUEST-FRANCE

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 EN JUXTAPOSANT SES DERNIÈRES CRÉATIONS A SES PREMIÈRES TOILES, ÉVELYNE-WINOCQ DEBEIRE PARTAGE AVEC NOUS L'ÉVOLUTION DE SON REGARD. A DÉCOUVRIR AU KRAN ET A LA GALERIE ARTS PLURIELS.

Évelyne-Winocq Debeire se souvient très bien du jour où elle a décidé d'être peintre "C'était à l'Erban (École régionale des Beaux-Arts de Nantes) en 1998, à la fin du diplôme de troisième année. J'étais proche de quelque chose que ni la sculpture ou la photo ne pouvaient satisfaire." Et même si la notion de mission n'appartient pas à son vocabulaire, ele ne lui paraît pas absurde. "La peinture va à l'encontre du monde actuel. L'huile et la gravure m'imposent des contraintes qui m'intéressent. Que ce soit le temps de séchage ou les 20 étapes de la gravure sur cuivre, je ne choisis jamais la facilité pour obtenir l'image."

 Le temps peut donc tourner aussi vite qu'il le veut. Peu à peu, elle établit un lien avec cette nature, perçoit une branche, un feuillage. "A chaque fois que je commence, je ne sais pas du tout ce que la toile va devenir." A travers la matière dense de sa peinture la lumière perce, provoque les couleurs, convoque des atmosphères. Vingt toiles datant des dix premières années se confrontent aux dernières créations. Les couleurs qui autrefois sortaient directement du tube, aujourd'hui se mélangent. Ces paysages ligériens, que le peintre dépose sur ses toiles, Evelyne-Winocq Debeire les porte en elle depuis l'enfance.

V. Potiron, Ouest-France du 5 octobre 09

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OUEST-FRANCE

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Ouest-France Nantes - Lundi 7 mai 2007

Evelyne Debeire peint pour mémoire

"L'art prend l'air" aura donné à Evelyne Debeire l'envie d'ouvrir les portes de son atelier. Pour prendre le temps de quelques rencontres en partageant la dégustation de merveilleuses prunes aux sirops qui accompagnent si bien son envie de peindre, d'écrire et de lire. Son travail recouvre chaque centimètre carré des murs de sa "cuisine-atelier". La toile se laisse envahir de matière, se nourrit d'une touche généreuse où les couleurs semblent être en émulsion. Ses "recettes de cuisine" ont la densité mystérieuse de la gourmandise. Puis les grands formats se font plus intimistes tout en s'ouvrant sur des paysages des bords de Loire où se rencontrent l'eau et la lumière. Le travail d'Evelyne Debeire est un concentré de 35 années d'impressions, de sensations où se mêle son passé de peintre et de femme. Elle pose sur ses tableaux des bribes de son regard avec l'envie qu'elles perdurent. "L'artiste à travers son oeuvre possède l'opportunité de témoigner à la fois de son époque et de sa propre existence. C'est ainsi qu'il devient un passeur de mémoire.".

Véronique Potiron 

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